Cette question que vous vous posez en silence …

Peut-être que vous y pensez depuis un moment, pas de façon urgente, pas avec le sentiment que tout s’effondre… mais, cette petite pensée revient, entre deux réunions, sous la douche, juste avant de dormir : « Est-ce que la thérapie pourrait m’aider ? »

Et aussitôt, une autre voix prend le dessus : « Mais de quoi tu te plains, franchement. Il y a des gens qui vont beaucoup plus mal. »

« Tu devrais pouvoir gérer ça toute seule. »

« C’est pas assez grave pour en parler à quelqu’un. »

« Tu n’as pas vraiment de raison d’être comme ça. »

Si quelque chose dans ces phrases vous parle, sachez une chose : vous n’êtes pas seule. Et cette question que vous vous posez, si discrètement que vous n’osez presque pas vous l’avouer, mérite d’être écoutée.

La thérapie n’est pas réservée aux crises : 

Il existe une idée tenace selon laquelle la thérapie serait une mesure d’urgence, un filet de sécurité que l’on déploie quand on touche le fond. Que l’on doit « mériter » d’être accompagnée, avoir vécu quelque chose de suffisamment grave, souffrir suffisamment fort.

Et je vais vous dire une chose : ce n’est pas vrai.

Les études le montrent clairement : la psychothérapie est efficace pour une très grande variété de situations, pas seulement pour les troubles sévères. Le chapitre de référence de Lambert (2013) dans le Bergin and Garfield’s Handbook of Psychotherapy and Behavior Change synthétise des décennies de méta-analyses et conclut que les traitements psychologiques produisent des effets positifs solides sur le bien-être émotionnel, les symptômes anxieux et dépressifs, et la qualité de vie. Et cela concerne un spectre très large de situations : des détresses sévères aux difficultés plus légères, en passant par des contextes de soutien dans des périodes de transition.

La question n’est pas : « est-ce que je vais assez mal ? »

La vraie question, c’est : « est-ce que quelque chose en moi demande à être entendu ? »

femmes en thérapie

Les signes que la thérapie pourrait vous aider :

Voici quelques situations que je rencontre souvent en séance. Peut-être que l’une d’elles résonnera pour vous.

Vous fonctionnez… mais quelque chose sonne creux : De l’extérieur, tout va bien; vous assurez au travail, vous gérez la maison, vous êtes là pour les autres. Mais à l’intérieur, il y a ce sentiment diffus d’être un peu absente de votre propre vie, comme si vous regardiez tout cela depuis derrière une vitre.

Ce décalage entre l’apparence et le ressenti intérieur est l’une des plaintes les plus fréquentes en thérapie, c’est une souffrance qui ne se voit pas mais qui use profondément. Elle mérite tout autant d’être entendue.

Vous êtes épuisée, et le repos ne suffit plus : Vous dormez, vous partez en vacances, vous essayez de « décompresser »… et pourtant, la fatigue est toujours là. Pas une fatigue ordinaire : une fatigue de l’âme, un épuisement qui vient de trop porter, trop longtemps, trop seule.

Comme je l explore dans mon article sur la charge mentale invisible et le burn-out parental, cet épuisement a des racines profondes et il ne se résout pas avec du repos. Il se résout avec de la compréhension, et du soutien.

Vous reconnaissez des schémas qui se répètent : Les mêmes conflits qui reviennent. Les mêmes relations qui finissent de la même façon. Cette impression de tourner en rond malgré votre bonne volonté.

Les schémas répétitifs ont une origine et ont souvent été des stratégies d’adaptation très utiles à un moment de votre vie et qui ne servent plus. La thérapie offre un espace pour les comprendre, les revisiter, et en sortir pas à pas.

Vous avez du mal à demander de l’aide : Comme je le décris dans mon article sur pourquoi il est si difficile de demander de l’aide, beaucoup de femmes ont appris très tôt que leurs besoins dérangent. Que la vulnérabilité est une faiblesse, que tenir bon, c’est la seule option.

Si l’idée même de consulter quelqu’un vous met mal à l’aise, c’est peut-être justement l’endroit le plus important à explorer.

Vous traversez une transition, même positive : La maternité, la périménopause, un divorce, les enfants qui grandissent et partent, un changement de carrière.

Toutes les transitions, même celles que l’on attendait, peuvent déstabiliser profondément l’identité. Et se faire accompagner dans cette transformation, c’est un acte de lucidité, pas de fragilité.

Vous vous poser la question de consulter : Parfois, le signe le plus clair, c’est simplement ça : l’idée de consulter qui revient, la curiosité, le doute, le « peut-être ».

Ce que la thérapie peut vous apporter concrètement :

Avant même de parler de « pourquoi y aller », il est utile de comprendre ce que la thérapie fait réellement. Parce que beaucoup de fantasmes circulent, dans un sens comme dans l’autre.

Un espace qui n’appartient qu’à vous : Dans la vie quotidienne, chaque conversation a un enjeu. Avec votre conjoint, vous ménagez ; avec vos enfants, vous dosez ; avec vos amies, vous vous autocensurez parfois pour ne pas déranger ; avec vos parents, vous choisissez vos mots.

En séance, vous n’avez pas à gérer la réaction de l’autre. Pas d’enjeu relationnel, pas de conséquence sur le lendemain : juste un espace pour dire ce qui est, sans filtre, sans devoir protéger quelqu’un. Et croyez moi un espace comme celui-ci est bien plus rare qu’on ne le croit.

La possibilité de comprendre, pas juste de tenir : Tenir, vous savez faire. Ce que la thérapie offre, c’est différent : comprendre pourquoi certaines situations vous affectent autant, d’où viennent les réactions que vous ne vous expliquez pas, comment se sont construits les schémas qui vous épuisent.

Cette compréhension prend du temps et ne résout pas tout d’un coup, mais elle change quelque chose de fondamental : vous n’êtes plus prisonnière d’un fonctionnement que vous subissiez, vous commencez à en être l’autrice.

Retrouver le lien avec ce que vous ressentez et désirez : Après des années à s’occuper des autres : enfants, conjoint, parents, collègues … beaucoup de femmes ont perdu le contact avec leurs propres besoins. Pas de façon dramatique, mais progressivement, imperceptiblement.

La question « qu’est-ce que tu veux, toi ? » peut devenir presque étrangère. La thérapie est un des rares espaces où on réapprend à l’entendre, à y répondre, à la prendre au sérieux.

Mettre des mots sur ce qui n’en avait pas encore : Parfois, ce qui fait le plus de bien dans un suivi, c’est simplement de comprendre que ce qu’on traverse a un nom comme :  Le burn-out parental, la matrescence, le deuil périnatal, la charge mentale chronique, le people pleasing.

Nommer quelque chose, c’est déjà le transformer. Ce n’est plus flou, honteux, ou inexplicable, c’est réel, documenté, et surtout traversable.

Les questions fréquentes : 

Et si je ne sais pas de quoi parler ? C’est très courant  et tout à fait acceptable comme point de départ. « Je ne sais pas vraiment ce que je cherche, mais quelque chose ne va pas » est une ouverture entièrement valide. C’est souvent de là que naissent les explorations les plus importantes.

Combien de temps faut-il avant de ressentir quelque chose ? C’est variable. Souvent, un premier signal arrive assez tôt : un sentiment d’être enfin comprise, une légèreté, une clarté nouvelle sur une situation. Les changements en profondeur prennent plus de temps  et c’est normal. La thérapie n’est pas une solution rapide, c’est un accompagnement pas à pas, une co-construction.

Et si j’ai déjà essayé et que ça n’a pas fonctionné ? La relation thérapeutique est déterminante. Si elle n’était pas là, la thérapie ne peut pas faire son travail quelles que soient les compétences du praticien. Rencontrer plusieurs professionnels avant de trouver la bonne personne est tout à fait normal, pas un échec.

La thérapie est-elle compatible avec une vie très chargée ? Oui tout à fait. Les séances en téléconsultation permettent de s’y adapter, sans déplacement, depuis chez vous.

Est-ce que c’est vraiment pour moi, si je ne suis pas « en crise » ? Oui, la prévention, la connaissance de soi, la sortie de schémas répétitifs épuisants sont des raisons aussi légitimes que la détresse aiguë pour commencer un suivi. Vous n’avez pas à attendre d’aller plus mal.

Si quelque chose dans cet article vous a touchée, même légèrement, même sans que vous puissiez encore tout à fait le nommer, c’est peut-être déjà une réponse.

Vous n’êtes plus seule,

 

Références scientifiques :

– Lambert, M.J. (2013). The efficacy and effectiveness of psychotherapy. In M.J. Lambert (Ed.), Bergin and Garfield’s Handbook of Psychotherapy and Behavior Change (6e éd., pp. 169–218). Wiley.

– Norcross, J.C. & Lambert, M.J. (2019). Psychotherapy Relationships That Work (3e éd.). Oxford University Press.

– OMS (2022). World Mental Health Report: Transforming mental health for all.

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