Vous est-il déjà arrivé de vous sentir coupable, de tout, tout le temps … et particulièrement vis à vis de vos enfants ? 

D’avoir cette petite voix intérieure qui murmure : j’aurais dû lui préparer un bon repas fait maison et équilibré au lieu de ces frites surgelées, je n’aurais pas dû crier comme ca, c’est de ma faute si il est stressé, triste, j’aurais dû être plus présente, plus patiente, plus douce, je n’aurai pas dû lui mettre un dessin animé pour avoir la paix, mais pourquoi je compte encore les minutes avant le coucher comme si je comptais les minutes de la dernière heure de cours avant les grandes vacances …. franchement mais quelle mère fait ça ?? Je suis une horrible mère …

Ca, c’est ce que l’on appelle la culpabilité maternelle, soit, dit plus simplement, culpabiliser pour tout, tout le temps et plus encore. 

Si cela résonne, sachez que vous n’êtes pas seule.

Les études scientifiques montrent que la culpabilité maternelle est UNIVERSELLE, présente dans différentes cultures et contextes, seule les formes de cette culpabilité varient.

Mais alors d’où vient cette culpabilité maternelle ?

La culpabilité maternelle est en réalité un mélange complexe de facteurs psychologiques, sociaux et culturels.

La société nous bombarde en permanence d’injonctions sur ce que doit ou ne doit pas être une bonne mère. 

Une bonne mère devrait toujours répondre parfaitement aux besoins de son enfant, donner sans compter, aimer sans condition, et être disponible en permanence… tout en restant pleinement libre, épanouie, désirable, autonome et fidèle à sa propre identité. Être là à 100 % pour ses enfants, mais rester pleinement elle-même. Facile…

Mais ce mythe de la mère parfaite, nourri de ces injonctions paradoxales et de cette exigence de perfection irréaliste, est loin,  très loin de la réalité du quotidien. Cet idéal est profondément irréaliste. 

Pourtant, il est partout : à la TV, dans les magazines, sur les réseaux sociaux. On nous montre des maternités idéalisées, calmes, maîtrisées, lissées, performantes … rarement fatiguées, débordées, presque jamais en difficulté.

Et c’est là, dans cet écart,  entre cette mère idéalisée et nos actions de la vie de tous les jours en tant que maman que né la culpabilité maternelle.

Mais la culpabilité maternelle ne vient pas seulement de la société ou des injonctions extérieures.
Elle puise aussi ses racines beaucoup plus profondément, dans notre histoire émotionnelle et relationnelle, et plus précisément dans notre histoire d’attachement.

En psychologie, l’attachement désigne la manière dont, enfant, nous avons appris à être en lien : à nous sentir aimées, sécurisées, entendues… ou au contraire à devoir nous adapter, nous inquiéter, nous sur-responsabiliser pour maintenir le lien. Cette histoire laisse des traces durables à l’âge adulte, souvent inconscientes, qui influencent la façon dont nous nous percevons comme mères.

Devenir mère réactive puissamment ces mémoires d’attachement. Le bébé dépend de nous, a besoin de nous, nous sollicite intensément. Et avec lui peuvent se réveiller des questions très anciennes :
Est-ce que je fais assez ? Est-ce que je fais bien ? Suis-je une mère suffisante ?

Chez certaines femmes, notamment celles qui ont grandi avec un attachement insécure, la culpabilité devient alors envahissante. Elle ne concerne plus seulement ce que l’on fait, mais ce que l’on est. La moindre fatigue, le moindre agacement, le moindre besoin de pause peut être vécu comme une faute grave. Comme si tout reposait sur leurs épaules, comme si le bien-être émotionnel de l’enfant dépendait entièrement d’elles.

Cette culpabilité n’est pourtant pas le signe d’un manque d’amour ou d’un échec maternel. Bien au contraire. Elle est souvent le reflet d’un surinvestissement, d’un sens aigu des responsabilités, d’un profond désir de bien faire. Mais aussi d’un système d’attachement en alerte permanente, qui confond responsabilité et toute-puissance.

Comprendre cela change profondément le regard que l’on porte sur soi.
La culpabilité maternelle n’est pas une preuve que vous êtes une « mauvaise mère ». C’est souvent le signe d’une histoire relationnelle qui se rejoue, d’attentes internes très élevées, d’un idéal maternel intériorisé bien avant l’arrivée de vos enfants.

je me sens coupable de tout tout le temps

Et si le problème n’était pas vous… mais la pression que vous portez ?

Si vous vous reconnaissez dans ces mots, il est important de le redire clairement : ce que vous ressentez a du sens.


Cette culpabilité qui vous accompagne n’est ni un défaut, ni une faiblesse, ni la preuve que vous échouez comme mère. Elle est souvent le signe d’une exigence intérieure très forte, d’un désir profond de bien faire, parfois hérité de votre propre histoire émotionnelle.

En thérapie, il ne s’agit pas de vous apprendre à être une « meilleure mère », ni de vous donner des recettes toutes faites. Il s’agit plutôt de vous offrir un espace sécurisant pour déposer cette charge mentale et émotionnelle, comprendre d’où vient cette culpabilité, et peu à peu desserrer l’étau.

Alors si cette culpabilité vous pèse, 

 Vous n’êtes plus seule.