Pour toutes les femmes qui ont vécu des semaines, parfois des mois, en apnée

Vous vous souvenez de ce moment précis : le choc de l’annonce, les mots du médecin. Que ce soit une anomalie à surveiller, un diagnostic à affiner, une décision à envisager que vous n’auriez jamais imaginé devoir prendre.

En une fraction de seconde, votre vie entière bascule, tout devient suspendu à un seul fil : celui des rendez-vous médicaux qui s’enchaînent, des imageries, des bilans, des chiffres que vous apprenez à lire comme si vous étiez devenue, malgré vous, une spécialiste. Chaque mesure, chaque bilan peut, comme une épée de Damoclès au dessus de la tête de votre bébé, peut transformer le rêve en cauchemar.

Alors vous tenez en apnée. Jour après jour, semaine après semaine, rendez-vous après rendez-vous…

Et puis, un jour, le pronostic s’améliore.

Bébé va bien, une prise en charge est envisagée. Votre entourage souffle, vos médecins vous rassurent. Et vous, vous souriez parce que c’est une bonne nouvelle …

Mais quelque chose en vous ne se dénoue pas.

Parce que pendant des semaines, votre esprit a dû envisager l’insupportable. Parce que votre corps a dû porter une grossesse dans la terreur, l’incertitude, dans le silence parfois très lourd vous sentant seule même dans une pièce pleine de monde.

Et maintenant que tout va bien, tout le monde tourne la page. Il ne faut plus en parler, c’est derrière. Bébé est en bonne santé, vous avez de la chance vous, d’autres n’en ont pas eu autant.

Alors vous mettez sous le tapis, vous faites semblant que tout va bien, vous avancez, mais en vous quelque chose s’est brisé.

Si cela résonne, sachez une chose : vous n’êtes pas seule. 

Découvrez pourquoi la thérapie peut vous accompagner à traverser cette tempête.

Ce que personne ne vous dit, et que j’ai envie de partager ici haut et fort :

Une fin heureuse ne fait pas disparaître ce qui a été vécu.

La terreur, l’incertitude, les scénarios insupportables, les décisions impossibles que votre esprit a dû envisager étaient rééls. Votre cerveau a passé des semaines à se tenir prêt au pire.

Tout cela laisse des traces, parfois profondes et s’inscrit dans votre corps, dans votre mémoire, dans votre système nerveux. Tout cela ne s’efface pas sur commande, ou en un claquement de doigt dès l’instant où bébé va bien.

Ce n’est pas de la fragilité, ce n’est pas de l’ingratitude, ce n’est pas « ne pas savoir reconnaitre la chance que l’ont a que son bébé soit vivant et en bonne santé. »

C’est ce que l’on appelle une réponse de stress chronique : lorsque le danger dure dans le temps, le cerveau s’adapte pour survivre à l’incertitude. Et cette adaptation ne disparaît pas au moment où le danger s’éloigne. Elle reste, tapie, cherchant à se réguler  souvent longtemps après que le danger soit passé.

Pourquoi ce parcours est-il une vrai tempête ?

La culpabilité : cette voix que l’on n’a pas le droit de nommer

Il y a quelque chose de particulièrement silencieux dans ce que vous traversez, c’est la culpabilité. Non pas la culpabilité d’avoir mal fait quelque chose mais celle, bien plus insidieuse, d’avoir souffert alors que « tout s’est bien terminé ».

Cette voix qui dit : « Mon bébé est là, vivant , je n’ai pas le droit de ne pas aller bien, d’autres ont vécu bien pire. »

Mais sachez que votre souffrance n’a pas besoin d’être validée par un drame objectif pour être légitime. Ce qui compte, ce n’est pas le dénouement, c’est ce que vous avez vécu, de l’intérieur. Or, pendant des semaines, vous avez vécu dans la menace, la peur, l’incertitude et votre système, lui, n’a pas oublié.

Se sentir coupable d’aller mal quand bébé va bien est une forme très solitaires de souffrance. Parce qu’elle n’a pas de « bonne raison » aux yeux du monde. Et parce qu’elle vous isole au moment précis où vous auriez besoin d’être entendue et soutenue.

Comment la thérapie peut aider ?

La thérapie ne réécrit pas ce qui s’est passé. Mais elle peut vous offrir un espace pour déposer ce qui est encore lourd, enfin, sans devoir le minimiser pour ménager les autres. Remettre du mouvement là où il y a eu de la sidération. Vous reconnecter à un corps qui a eu très peur, et qui a besoin d’être entendu, et  pas seulement surveillé médicalement. Traverser cette culpabilité qui n’a pas lieu d’être, avec quelqu’un qui comprend ce que vivre une grossesse sous haute tension laisse réellement derrière soi.

Des approches comme l’EMDR, la Gestalt ou la WET, que je mobilise dans ma pratique, peuvent être des appuis précieux pour traverser ce type d’expérience. Non pas pour effacer ce qui s’est passé, mais pour ne plus en être prisonnière.

Alors à toutes ces femmes qui ont traversé une grossesse dans la terreur et le silence, qui sourient aujourd’hui tout en portant encore quelque chose de très lourd à l’intérieur.

Votre douleur est légitime. Elle n’a pas besoin d’une fin triste pour avoir le droit d’exister.

Je vous vois et vous n’êtes plus seule.

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